Antoinette Prudence, une grande figure de l’Eglise.

Antoinette Prudence
Antoinette et le Pape Jean Paul II

Antoinette Prudence : témoin du Christ.

Le pape Paul VI disait: « Notre monde d’aujourd’hui a plus besoin de témoins que des maîtres. Si le monde écoute des maîtres, c’est parce que ces maîtres sont eux-mêmes des témoins ». L’Eglise a un sens aigu du témoignage. Elle a la conviction que le poids du témoignage vaut plus que mille discours.

 Au fil de l’histoire de l’Eglise, différentes figures ont laissé des traces indélébiles de leur vie donnée au service des hommes et des femmes de leur époque. L’Eglise les prénomme des témoins, parce qu’elles ont su annoncer le Ressuscité à temps et à contre temps dans le contexte culturel, social et politique qui leur est propre.

 Antoinette Prudence fait partie de cette foule immense de témoins qui depuis 2000 ans, s’est laissé interpeller par la parole du Christ : « Viens et suis moi». Personne ne peut nier l’originalité de l’engagement d’Antoinette au service de l’homme Rodriguais. Par son engagement, elle a vécu l’Eglise d’une manière tout à fait exceptionnelle. Son expérience pastorale dégage une manière de vivre l’Eglise, inspirée sans doute de la doctrine sociale.

Antoinette et les enfants

Pour elle, c’est à travers leur vie ordinaire de tous les jours que les enfants participent à leur manière à l’histoire du Salut. Elle disait d’ailleurs que « déjà, à travers leur vie, les enfants participent dès aujourd’hui à l’incarnation, à la rédemption et résurrection du Christ ».

Antoinette et les femmes

Antoinette a poussé les femmes à prendre conscience de leur contribution originale dans l’Eglise et dans le monde. Elle souligne la lutte comme condition impérative de toute vie humaine et chrétienne. Les femmes doivent d’abord mener leur propre lutte intérieure pour une plus grande valorisation et une estime plus consciente d’elle-même.

Pour Antoinette, la femme participe à la mission prophétique de l’Eglise à travers sa foi reçue au baptême. Elle a incité les femmes au nom de leur foi, à prendre une part active dans la société, la ou elles sont.

Antoinette a effectivement rendu vivante toute cette réflexion du Concile sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Par toute sa vie, elle a essayé de rendre palpable ces textes. Elle a refusé le poste d’ambassadrice en France car elle a fait le choix de rester à Rodrigues.

Antoinette avait une vision du laïcat qui ne s’occupe pas seulement des affaires internes de l’Eglise, mais qui s’engage activement dans la pâte humaine en vue du bien commun et du respect de la dignité de la personne humaine.

La promotion de l’Homme Rodriguais

Antoinette a contribuée à la promotion de l’homme rodriguais d’abord en s’affirmant elle-même comme une vraie Rodriguaise. Son engagement comme Presidente du premier conseil de Rodrigues (Rodrigues Local Council) témoigne de son désir profond de travailler pour la promotion de l’homme Rodriguais. Elle s’est investie dans la lutte pour l’autonomie car elle croyait que cette nouvelle structure politique donnerait aux Rodriguais la possibilité de s’affirmer comme peuple, et une meilleure prise en charge du pays par les natifs de l’île.

La valorisation de la culture allait aussi dans ce même sens. Au niveau de l’éducation, elle a beaucoup contribué à la mise en œuvre de la pédagogie inclusive, qui prenait en compte des réalités rodriguaises, les aidant ainsi à aimer leur pays et leur culture .

Pour Antoinette l’engagement dans un mouvement ou un service d’Eglise n’était pas pour rendre service au prêtre mais relevait de l’exigence de notre baptême.

Pour beaucoup à Rodrigues, elle est partie trop tôt en ce premier avril 2007.