Les documents synodaux de Rodrigues

Introduction 

En 1997, Mgr Maurice E. Piat, évêque de Port Louis a nommé un Secrétariat responsable du Synode à Rodrigues. Le 21 septembre 1997, le Synode a été officiellement lancé à Rodrigues au cours d’une messe solennelle. Puis, cent cinquante délégués de différentes paroisses, mouvements et institutions se sont rassemblés au Centre François Thévaux pour une rencontre avec l’évêque.

 La première étape du Synode à Rodrigues a permis à plus de cent équipes synodales de relire l’histoire de Rodrigues et l’histoire de l’Église à Rodrigues. Dans un deuxième temps, il y a eu une grande consultation demandant aux chrétiens de s’exprimer sur l’Église, la manière d’être Église, l’engagement de l’Église et son fonctionnement; ils ont été également consultés concernant l’engagement des chrétiens individuellement et au sein des Mouvements dans la société rodriguaise. Suite à cette consultation, en lien avec les sept priorités exprimées en août 1994 lors d’une session de cent délégués avec l’évêque, Mgr Maurice E. PIAT après consultation du Secrétariat du Synode de Rodrigues retint les cinq thèmes suivants:(1) Inculturation de la foi (2) Consolider la foi personnelle en Jésus Christ (3) La famille (4) Présence active des chrétiens dans la vie rodriguaise et (5) Elaboration d’une pastorale d’ensemble et mise en place des structures appropriées.

Après plusieurs rencontres de formation, de réflexion, les membres des cinq commissions ont formulé des propositions et les ont présentées aux membres de l’Assemblée synodale qui les ont discutées, amendées et votées. Ce présent document contient le fruit du travail de l’Assemblée synodale et nos propositions à notre évêque, Mgr Maurice E. Piat.

Chapitre premier:   Inculturation de la foi

  • Introduction

    Durant la première étape de notre réflexion du Synode, nous avons pris conscience de notre histoire, de l’histoire de l’Eglise. Il a souvent été question de la rencontre de l’Evangile avec les Rodriguais, du respect de la culture par l’Eglise à l’époque. Nous avons aussi pris conscience de la nouveauté qu’a apportée le Concile Vatican II à l’Eglise dans son ensemble et à Rodrigues.

    Depuis, beaucoup d’efforts ont été réalisés pour enraciner la foi dans les réalités du pays. Cela s’est traduit par un plus grand engagement de l’Eglise en faveur d’un développement intégral du Rodriguais, par la promotion des Mouvements d’Action Catholique, des associations sociales et par un ensemble d’innovations au niveau de la liturgie. Ainsi nous pouvons affirmer que l’Eglise à Rodrigues est déjà sur le chemin de l’inculturation. En même temps, nous nous rendons compte qu’il faut aller beaucoup plus loin dans cette INCULTURATION pour que la foi des chrétiens soit vraiment centrée sur la Personne Vivante de Jésus Christ.

  • 1. L’Inculturation de la foi

    1.1 Inculturation est un mot inventé par l’Eglise pour évoquer la relation foi et culture. Il figure uniquement dans les textes d’Eglise.

    L’Inculturation se définit comme : la rencontre de la Personne vivante de Jésus Christ avec une culture donnée avec pour la valoriser, l’humaniser, la transformer, la purifier pour que l’homme soit cette personne créée à l’image de Dieu, une personne libre, une personne nouvelle.

    Ainsi les valeurs défendues par un peuple, les coutumes, les langages, les histoires qu’ils racontent, la façon d’organiser le travail, le temps, la façon de voir la vie, la mort, la sexualité, l’environnement et surtout la façon d’exprimer les convictions, les croyances, les luttes c’est-à-dire la culture, doit être profondément respectée par l’Eglise. En même temps l’Evangile qu’Elle prêche présente des défis pour la culture, en essayant de l’élever, de l’enrichir.

    C’est d’ailleurs ce que nous dit le Pape Paul VI au Synode des évêques de l’Océanie. « Loin d’étouffer ce qu’il a de bon et d’original dans chaque culture humaine, l’Eglise accepte, respecte et met en pratique le génie de chaque groupe humain……… »

    Ce qu’il nous faut surtout souligner c’est que, dans l’inculturation de la foi, LE MYSTERE DE L’INCARNATION, LE MYSTERE DE LA MORT ET DE LA RESURRECTION DU CHRIST SONT A L’ŒUVRE.

    Donc, inculturer c’est croire et annoncer qu’en Jésus, Dieu s’est fait homme, qu’il a pris notre condition de vie humaine. Ainsi il l’a valorisée et, par sa mort et sa résurrection, il a libéré l’homme de tout ce qui le diminue et qui l’opprime.

    C’est croire et annoncer le Christ présent aujourd’hui qui continue à nous valoriser, nous humaniser, nous transformer, nous libérer. Cependant, cette transformation, ne se fait pas sans notre participation. Elle se réalise à travers des actions que nous menons pour améliorer notre vie, à travers nos engagements au sein d’associations.

    Ainsi l’inculturation ne se résume pas à la prise en compte des expressions culturelles uniquement. C’est la prise en compte de toute la vie, des gens, ses fêtes, ses luttes. La lutte pour la justice qui aide l’homme à s’épanouir à travers la solidarité encourage la participation. Cette participation aide à la transformation du monde, la transformation des conditions de vie, des mentalités et des cœurs.


    1.2 Pourquoi faut-il que l’évangile soit inculturé ?

    Le message de Jésus et de l’Évangile, tel qu’il a été prêché à l’origine par les apôtres, était profondément marqué par la culture juive de l’époque. Mais le Pape Paul VI souligne « qu’en même temps leur enseignement était différent de cette culture, car avec ses valeurs et ses priorités empreintes de nouveauté, ce message représentait un défi pour les pratiques et les croyances. »

    Cela s’applique à toute l’Eglise et dans toutes les sociétés. Dans la nôtre, dans la culture rodriguaise, il y a des aspects positifs qu’il faut valoriser, élever et développer. En même temps notre culture rodriguaise, comme toute culture qui rencontre l’Evangile, doit être provoquée par lui. Les aspects négatifs qui ne sont pas ou qui sont peu compatibles avec la Bonne Nouvelle doivent être transformés et purifiés.

    Aujourd’hui la tendance dans l’Eglise est de tenir compte des formes et des éléments culturels en essayant de voir s’ils peuvent être traduits et transformés de façon créatrice afin de fournir à l’Eglise une occasion de se renouveler.

    Ainsi pour inculturer la foi il faut tenir compte de deux influences majeures : les valeurs traditionnelles et les valeurs véhiculées par la société moderne.

    Cela exige que l’Eglise soit attentive à la manière dont ces influences agissent sur les comportements, les expressions, les choix des personnes dans la vie, dans les célébrations aussi bien que dans leurs luttes.

    Il est donc évident qu’inculturer l’Evangile n’est pas superficiel et cela ne se limite pas aux rites. « C’est au contraire, avec une audace toute spirituelle, insérer la force du levain de l’Evangile et sa nouveauté plus jeune que toute modernité au cœur même des ébranlements de notre temps, en gestation de nouveaux modes de penser, d’agir et de vivre. »

  • 2. Propositions

    2.1 Inculturation

    Etant donné que l’Eglise à Rodrigues est déjà sur le chemin de l’Inculturation (même si beaucoup reste à faire), qu’il y a un patrimoine et des acquis à ne pas perdre, et considérant que tous les chrétiens, les Mouvements, les personnes impliquées n’en sont pas suffisamment conscientes,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que toutes ces expériences soient valorisées, approfondies, soutenues, partagées ou diffusées afin que toute l’Eglise en prenne conscience et en saisisse les raisons profondes.
    • que l’Eglise s’engage dans la publication écrite et audio-visuelle de ces expériences « afin que rien ne se perde ».


    2.2 Le langage

    Etant donné que l’Eglise à Rodrigues est présente dans les réalités à travers son engagement et ses prises de positions officielles : lettres Pastorales, homélies etc…et considérant que sa parole devait être comprise par l’ensemble des chrétiens,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que les lettres pastorales, les textes officiels (journaux, bulletins, magazines) soient publiés dans un langage simple accessible au plus grand nombre et compris par l’ensemble.
    • qu’une équipe soit mise sur pied pour la traduction en créole des textes quand cela s’avère nécessaire.
    • que l’on fasse un relevé des expressions utilisées par les chrétiens pratiquants à Rodrigues, qu’on note des attitudes et des comportements qui repoussent et excluent des baptisés de la famille ecclésiale.


    2.3 La Commission Inculturation

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que la commission inculturation du synode soit une commission permanente avec des moyens et en lien avec le Centre Carrefour.
    • qu’elle ait pour tâche de poursuivre la recherche commencée lors du Synode et de permettre à l’Eglise de vivre le parcours qu’elle a vécue en tant que Commission synodale.
    • qu’elle aide les groupes à s’évaluer et à avancer.
    • qu’elle se penche sur toute question ayant trait à l’inculturation.


    2.4 La formation commune

    L’Assemblée Synodale propose :

    Ayant à l’esprit qu’au centre de l’inculturation se trouve le mystère de l’Incarnation, de la Rédemption et de la Résurrection qui est la base de notre foi chrétienne, que cet élément essentiel est souvent absent des programmes de formation et considérant la nécessité d’une annonce d’un Dieu vivant incarné dans les réalités rodriguaises et celles du monde actuel,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que le mystère de l’Incarnation – de la Résurrection et de la Rédemption constitue l’aspect central de tout programme de formation pour tous les chrétiens peu importe le mouvement, le groupe, l’institution...
    • que cette formation se fasse en lien avec l’histoire, la culture de Rodrigues et celle du groupe concerné. Cela inclut aussi le groupe de recherche (G.D.R)
    • et pour une inculturation plus profonde de l’Evangile, que le contexte et l’environnement rodriguais soient davantage exploités pour une meilleure compréhension et une plus grande adhésion à la Parole de Dieu. (l’aspect rural, l’aspect historique et socio-culturel de Rodrigues)


    2.5 Une pédagogie a adopté

    Considérant la nécessité et l’urgence pour l’Eglise d’inculturer davantage l’Evangile et étant consciente que la pédagogie inclusive valorise la personne, sa culture, et que c’est un aspect important de l’inculturation.

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que cette méthode c’est-à-dire partir de l’expérience des gens, reconnaître leur culture, mettre en valeur leurs connaissances pour les emmener plus loin, soit adoptée par l’Eglise dans son ensemble et plus particulièrement :-
      • la catéchèse
      • les sessions de formation
      • les mouvements
      • le centre agricole, l’Ecole ménagère, l’Ecole de sculpture, ...


    2.6 Le Centre CARREFOUR

    Etant donné le rôle joué par le Centre Carrefour de par sa présence dans les réalités sociales, économiques, culturelles, et politiques, de par son programme de formation et tout ce qu’il peut offrir comme lieu de ressource et de rencontre aux divers groupes et personnes,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’une information claire soit donnée aux gens sur le travail, le rôle, les objectifs et la mission du Centre Carrefour comme institution d’Eglise.
    • qu’il puisse bénéficier du soutien de tous les membres de la hiérarchie et des institutions et qu’il soit défendu quand il se trouve persécuté.


    2.7 Les traditions

    Etant donné qu’en raison de notre passé historique (peuplement, colonisation, évangélisation) beaucoup de chrétiens maintiennent des pratiques traditionnelles qui ne semblent pas toujours cohérentes avec la foi en Jésus Christ,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que l’Eglise adopte une attitude nouvelle vis-à-vis de ses chrétiens c.à.d qu’elle écoute et cherche à comprendre avant d’accuser de superstitions.
    • qu’une étude soit faite, avec l’aide de spécialistes, pour mieux comprendre ce qu’il y a derrière nos pratiques et certaines activités.
    • que les veillées mortuaires soient évangélisées
    • qu’on profite des recherches disponibles dans les autres îles (Réunion, l’île Maurice etc…)
    • que la CEDOI favorise les échanges dans ce sens.


    2.8 La modernité

    Considérant que la modernité véhicule à travers ses idées nouvelles des valeurs qui ont une influence sur notre manière de regarder la vie, sur notre conception du bonheur et que ces valeurs sont souvent contraires aux valeurs évangéliques, et qu’elles risquent de nous rendre esclaves,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que l’Eglise aide davantage les chrétiens et toute personne de bonne volonté à trouver le sens du vrai bonheur et à chercher dans la société moderne ce qui favorise la promotion de la personne selon l’esprit de l’Evangile.
    • Cette éducation aux vraies valeurs inclut l’utilisation des médias par les enfants et les jeunes, un regard critique sur la société de consommation et une formation aidant à faire des choix et des priorités dans la vie.


    2.9 La Catéchèse

    Pour qu’il y ait chez les enfants et les jeunes un véritable éveil de la foi leur permettant de découvrir Jésus Christ présent et vivant dans leurs histoires, leurs cultures, celle de Rodrigues et celle du monde actuel,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’il y ait une commission de catéchèse pour travailler un programme commun, prenant en compte les réalités susmentionnées. Cette commission travaillera en lien avec la commission Inculturation.
    • qu’il y ait une formation initiale et continue des enseignants.
    • que le texte de la Genèse (la Création) soit relu et réinterprété en prenant en considération la situation actuelle de l’environnement aujourd’hui.
    • que la relation Création/Environnement fasse partie de la formation catéchétique des enfants et des jeunes.
    • que le programme de catéchèse primaire et sa mise en pratique soient évalués.
    • et qu’on s’assure qu’en fin de parcours les enfants aient acquis les connaissances élémentaires de la foi chrétienne.
    • qu’il y ait une salle spécialisée pour la catéchèse dans chaque école de la R.C.E.A.


    2.10 La messe dominicale

    Vu l’importance de la messe dominicale dans la vie de l’Eglise et consciente de la nécessité de rendre cette célébration plus vivante et mieux inculturée, considérant qu’il y a chez nous des expériences et des témoignages qui méritent d’être proclamés comme Bonne Nouvelle aujourd’hui,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’on continue l’effort d’intégrer au maximum les éléments de la culture
    • locale dans la messe
    • que les réalités de vie (les événements) y soient présents.
    • que cette célébration devienne graduellement une fête où les gens se sentent à l’aise, où l’on participe au lieu d’assister, où la parole est partagée avec les membres de l’assemblée.
    • que les homélies soient préparées avec une équipe de chrétiens aussi souvent que possible.
    • que les comités liturgiques et les chorales soient formés à développer cette attention à la vie et aux événements touchant la communauté, afin de les intégrer dans la célébration.
    • que la messe des enfants tienne davantage compte de leur âge et de leurs centres d’intérêt.


    2.11 Les bâtiments

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que dans les constructions à venir, (chapelle, écoles, ou autres), soient pris en compte des éléments de la culture rodriguaise
    • que la disposition intérieure favorise la participation, l’esprit communautaire,
    • que le décor (style, couleurs, matériels) soient le signe d’une Eglise insérée dans le peuple
    • que des scènes de la vie rodriguaise en même temps que des scènes bibliques puissent également faire partie du décor.


    2.12 Les nouveaux prêtres

    Etant donné que Rodrigues constitue un peuple avec ses réalités propres et que par conséquent s’est développée une originalité de l’Eglise à Rodrigues.

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que chaque nouveau prêtre affecté à Rodrigues prenne le temps et se donne le temps nécessaire pour se former, pour comprendre Rodrigues (son histoire, sa culture, son église, ses luttes, ses problèmes etc….) avant de commencer à exercer ses responsabilités.
    • qu’il y ait une continuité dans le travail commencé.


    2.13 Les hommes

    Considérant le fait que les hommes sont peu présents dans les instances d’Eglise et que c’est d’abord à eux de proposer des solutions à ce problème,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’il y ait une enquête auprès des hommes pour savoir (de leur point de vue) pourquoi ils sont si peu nombreux à avoir une présence active dans les instances d’Eglise.


    2.14 Le nouvel an

    Ayant toujours à l’esprit que « loin d’étouffer ce qu’il y a de bon et d’original dans chaque culture dans chaque forme de culture humaine, l’Eglise accepte, respecte et met en pratique le génie de chaque groupe humain conférant variété et beauté »,considérant la place qu’occupe le nouvel an (banané) dans la culture rodriguaise et que cet événement constitue un moment où beaucoup de valeurs évangéliques sont vécues (partage, réconciliation, rapprochement de famille, nouveau départ, accueil, pardon),

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que l’Eglise considère cette fête comme importante en valorisant ses aspects évangéliques et en faisant du « nouvel an » une fête solennelle.

Chapitre deuxième: Consolider une foi personnelle en Jésus Christ

  • Introduction

    La foi en Jésus Christ englobe toute la vie d’un baptisé. Du Père par le Fils nous nous recevons nous-mêmes comme un don gratuit et une tâche confiée à notre responsabilité ; nous recevons aussi le monde comme un grand corps qui nous est donné à respecter et à construire: l’activité humaine individuelle et collective par laquelle les hommes, depuis toujours s’efforcent d’améliorer leurs conditions de vie, correspond au projet de Dieu.

    C’est pourquoi nous avons voulu aborder plusieurs aspects qui touchent la vie humaine. A travers tout ce qui fait notre vie, c’est-à-dire les joies et les peines, nous avons comme responsabilité de travailler à faire de ce monde un lieu de vie fraternelle. En accomplissant la création l’homme s’accomplit lui-même. Pour nous chrétiens, nous sommes appelés à cultiver une relation personnelle avec Jésus Christ à travers une vie de prière, une pratique régulière des sacrements, la méditation nourrissante de la Parole de Dieu et un temps de ressourcement. Cette relation personnelle avec Jésus Christ se développe au cours, de nos engagements et par la relecture de nos actions dans la foi.

    L’homme et la femme, créés à l’image de Dieu, ont en effet reçu la mission de mettre en valeur la terre et tout ce qu’elle contient, et d’organiser, selon la justice, le droit et l’amour, les relations familiales, sociales, économiques et politiques.

  • 3. Les points de repère théologiques

    La foi chrétienne est l’initiation, à la suite de Jésus dans la puissance de l’Esprit Saint, d’une nouvelle manière de vivre la communion avec Dieu, que nous reconnaissons comme Père (Abba), et entre humains, en nous reconnaissant comme frères (donc la foi est une vie).

    La foi est un cadeau (don) de Dieu Père qui prend l’initiative et vient nous rejoindre en Jésus. Croire pour un chrétien, c’est accueillir cette Bonne Nouvelle, accueillir Jésus, Parole toujours neuve de Dieu, qui vient nous rejoindre par le témoignage de l’Eglise qui «visibilise» la présence actuelle et permanente du Christ. (cf. les Actes des Apôtres).

    Si la foi implique une réponse libre et personnelle, elle se développe et se consolide au sein d’une vie communautaire, d’une expérience d’Église comme par exemple au sein d’un mouvement (cf. les Actes des Apôtres.)

    La foi personnelle en Jésus Christ se consolide donc au sein d’une vie d’équipe ecclésiale qui se nourrit de la Parole et des sacrements, particulièrement du sacrement de l’EUCHARISTIE. La foi se consolide dans la PRIERE communautaire mais également en cultivant le goût du SILENCE et du RECUEILLEMENT qui permet ce cœur à cœur avec le Seigneur, (et aussi dans la prière personnelle et en famille). La foi du croyant grandit lorsqu’il a cette chance de faire, en Eglise, le lien entre sa vie et la Parole de Dieu et pour cela, il doit avoir la possibilité d’approfondir la BIBLE (Parole de Dieu) et l’enseignement de l’Église et analyser les situations de vie. Consolider la foi personnelle en Jésus implique l’engagement du croyant pour construire le Royaume de Dieu au cœur des responsabilités quotidiennes, ( i.e. de tous les jours ) c’est-à-dire au sein des associations, de son village, de son travail, de sa famille, de ses responsabilités économiques, politiques, syndicales, bref partout ou se construit l’histoire de l’humanité : «J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venus à moi» (Matthieu 25, 35-36)

  • Propositions

    4. Formation

    Nous constatons qu’il y a une grande demande de formation à tous les niveaux.


    4.1 Formation initiale

    Prenant en considération que beaucoup de chrétiens n’ont pour la vie d’adulte que la catéchèse de Première Communion et de Confirmation,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que l’Église s’assure que les jeunes et les adultes possèdent les connaissances fondamentales de la foi chrétienne.
    • qu’une nouvelle présentation de Jésus Christ soit faite en prenant en considération les aspirations profondes du Rodriguais d’aujourd’hui.
    • que le CREDO fasse la base d’un module de formation.
    • que des explications soient données sur le sens profond de certains aspects ou certaines mesures adoptées par l’Église, par exemple : accompagnement, participation, option pour les pauvres.


    4.2 Formation continue

    Pour les animateurs des sessions dans les villages, les catéchètes dans les écoles comme dans les villages, les responsables des Mouvements et services, une formation à tous les niveaux : pédagogique, psychologique, doctrinale (doctrine sociale de l’Église), sacramentelle, biblique et connaissance générale sur tout ce que la vie moderne véhicule.


    4.3 Que la formation déjà existante soit étendue à un maximum de personnes : style groupe 40, groupe biblique (Nicodème), formation donnée au Centre Carrefour, dans les Mouvements et autres groupes d’Église.


    4.4 Qu’on ait un centre de documentation religieuse, à la disposition des personnes qui veulent se ressourcer, avec des livres sur la vie des saints, l’histoire de l’Eglise etc… des cassettes-vidéo, figurines, bandes dessinées, revues, histoire de Rodrigues et du monde.


    4.5 qu’il y ait des sessions dans les villages, style retraite 3 jours, selon les besoins et les demandes des villages, une par trimestre et pas seulement au temps fort liturgiques, comme le Carême, par exemple.


    4.6 qu’il y ait un recueil d’expériences de retraite, de réflexion. Que le contenu, la forme, la méthodologie soient étudiés et proposés.
    Exemples :

    • La session des enfants, une expérience originale, nouvelle qui aide les enfants à voir leur engagement comme exigence de leur baptême et à relire une action à la lumière de l’Evangile.
    • Un cours de catéchèse ou une fête de la foi.
    • Une récollection de Carême organisée avec les membres d’associations
    • La réflexion : Femme- Santé


    4.7 que dans la planification annuelle de la vie de l’Église soit prévue la Prédication sur des thèmes ou un thème par quelqu’un d’ici, de Maurice ou d’ailleurs.


    5. Temps de retraite pour les chrétiens

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que tous les Mouvements ou groupes insèrent dans leur programme un temps de retraite ou récollection annuelle.
    • que dans chaque famille, les parents encouragent chaque membre à prendre un temps de ressourcement.


    6. Attitudes favorables à la découverte de Jésus Christ

    Étant donné qu’il existe dans notre culture certaines attitudes qui ne nous permettent pas de reconnaître la capacité de l’autre.

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que dans la famille, à l’école, dans les groupes se développent des attitudes favorables à la découverte de Jésus Christ, des habitudes qui font défaut dans notre culture :
      • L’émerveillement des choses simples mais belles
      • La reconnaissance de la valeur de leurs frères/sœurs/camarades
      • L’expression


    7. Structures d’Église

    Le village est un ensemble de familles qui vit la dimension ecclésiale et sociale formant ainsi un lieu privilégié pour l’entraide et la transmission de la foi.

    L’Assemblée Synodale propose :

    7.1 qu’un Conseil Pastoral de Village ( C.P.V.) soit mis sur pied dans tous les villages et que ces C.P.V. soient encouragés à se baser sur la première communauté chrétienne (attention particulière pour les pauvres). Qu’on valorise ce qui se fait déjà à travers certains villages où les C.P.V. apportent leur contribution en étant attentifs à la vie du village et qu’on veille à ce que le C.P.V et le Comité de village s’interpellent et collaborent.

    7.2 qu’on étudie la possibilité de remettre à une année plus tard la Première Communion et à 12 ou 13 ans la Confirmation (9 years schooling).


    7.3 Pour le Renouveau :

    • Approcher les responsables des groupes existants dans les 3 paroisses. Valoriser le travail qui est fait et continuer sur la formation pour l’approfondissement de la foi. Constituer un « noyau » sur chaque paroisse en vue d’arriver à une équipe nationale.
    • Que le Renouveau soit accompagné par un prêtre comme cela se fait actuellement


    7.4 qu’un avant-C.P.M (Préparation lointaine au mariage) et un après-C.P.M( un suivi pour les couples qui ont suivi le C.P.M) soient mis sur pied et qu’on valorise ce qui se fait déjà pour consolider la famille style «Marriage encounter» et d’autres groupes, Mouvements qui travaillent pour la promotion de la famille.


    8. Structure d’accueil

    Les personnes ont un réel besoin de trouver un lieu pour parler et se confier,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • que dans chaque paroisse il y ait un lieu d’accueil pour cela, il faut des personnes bien formées pour remplir cette fonction.


    9. Structure d’information

    Nous prenons pour acquis que les jeunes et les adultes savent d’emblée ce qu’il y a comme structures dans l’église et qu’ils comprennent leur signification ex : G.D.R., C.P.V., L.O.A.C., J.O.C., A.C.E. etc…

    L’Assemblée Synodale propose :

    • Un effort d’affichage et d’informations à travers les paroisses et les médias pour que l’information passe mieux.


    10. Vocations

    Tout chrétien de par son baptême a une vocation,

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’il y ait des rencontres des différents services, Mouvements et groupes par village pour un temps d’échange et de partage afin de mieux se connaître et découvrir le sens de la vocation baptismale de chaque chrétien.
    • Concernant les VOCATIONS religieuses et sacerdotales : cela ne doit pas être seulement l’affaire des religieuses et des prêtres. Ce souci de vocations doit être porté dans les familles et par toute la communauté chrétienne. Il ne suffit pas de prier une fois par an à la journée mondiale de prière pour les vocations, il ne faut pas avoir peur d’interpeller les jeunes. Pour cela il faut organiser des « week-end » de vocations, mettre en place un foyer à Rodrigues pour un meilleur encadrement.
    • Les prêtres et les communautés religieuses sont invités à se laisser interpeller afin d’entrer dans un processus de conversion pour qu’ils soient plus appelants.


    11.Les hommes

    Constatant que les hommes sont peu présents dans les instances d’Eglise.

    L’Assemblée Synodale propose :

    • qu’une enquête soit faite auprès des hommes pour découvrir pourquoi ils sont si peu présents et actifs dans les instances d’Eglise et par la suite mettre en place des structures, organiser des rencontres qui vont répondre à leurs aspirations.
    • qu’on profite du C.P.M pour réfléchir sur certains thèmes avec les hommes.
    • que l’éducation dans la famille prenne en considération ce constat.


    12. Travail de recherche sur la superstition

    L’Assemblée Synodale propose :

    • Sans tomber facilement dans la critique et la condamnation il faut faire une recherche approfondie sur nos traditions pour savoir d’où viennent ces pratiques. Ainsi nous pourrons conserver ce qu’il y a de bon et rejeter ce qu’il y a de moins bon. Développer une pastorale de l’accompagnement pour aider les personnes et prendre au sérieux ce qu’elles expriment pour les aider à clarifier cette question de double appartenance. Ainsi les chrétiens arriveront à mieux comprendre ce que cela veut dire appartenir à Jésus Christ et vivre sa foi en profondeur pour en être des témoins et faire avancer le Royaume de Dieu à Rodrigues où nous vivons.


  • 13. Conclusion

    C’est propositions ne sont que des points de départ. Il y a d’autres questions qu’il nous faut creuser davantage. Par ex : Comment concilier la foi et la modernité ? (Travail à faire en lien avec la Commission inculturation).

    Tout au long de notre cheminement, nous avons constaté que nous, catholiques, nous n’avons pas le monopole de Jésus Christ. Les sectes, qui sont en croissance dans l’île, parlent aussi de Jésus et cela attire. Pourquoi ? A quelle soif cela répond-il ?

    L’appartenance à l’Église n’empêche pas une pratique parallèle notamment à certains moments de la vie tel que : la naissance, la mort, la maladie, les méchancetés, etc.

    Recours aux « neuvaines » comme force pour conjurer le mal, se délivrer et faire souffrir les ennemis.

    Les objets et les moyens pour se protéger du mal : comme « les allumettes dans les cheveux », le sel autour du poignet, et la « demande de certaines intentions de messes » ex : pour les âmes du purgatoire!»


    Quelle vision de dieu révélée en Jésus Christ?

    Si nous voulons amener les baptisés à vivre la foi personnelle en Jésus Christ, nous ne pouvons pas occulter toutes ces questions. Et nous chrétiens, par la qualité de notre vie, nous avons à proclamer notre FOI et notre ESPÉRANCE, vivre la CHARITÉ et présenter Jésus vivant, qui nous accompagne aujourd’hui, qui s’intéresse à nous, qui veut notre bonheur et qui veut avoir besoin de nous pour la transformation du monde.

Chapitre troisième: La Famille

  • 14. Repères

    Réflexion proposée à partir de la lecture de «Familiaris Consortio» l’exhortation apostolique de Jean Paul II sur la famille qui fait suite au synode des évêques tenu à Rome du 26 septembre au 25 octobre 1980.

    De même que dans une maison, il y a des colonnes, de même dans la société, la famille est une des colonnes importantes, voire même la colonne centrale (L’avenir de l’humanité passe par la famille. La famille est le berceau pour humaniser et personnaliser la société, nous dit le Pape Jean-Paul II.)

    Comment?

    La famille, nous dit le Pape, est le lieu de l’accueil de la vie. (Dieu appelle l’homme et la femme à participer spécialement à son amour et aussi à son pouvoir créateur, moyennant leur coopération libre et responsable pour transmettre le don de la vie humaine).

    La famille est le lieu ou l’individu devient une personne.
    Au sein de la famille, l’enfant est initié aux vraies valeurs (pas seulement en leur faisant »la morale » mais surtout par l’exemple) qui sont à la base même de toute société : le respect des autres, le sens du service, le partage, le pardon etc.

    La famille permet l’ouverture de l’enfant à la société. Elle apprend l’enfant à vivre une solidarité plus large au sein de la famille humaine. (Engagement dans le village, l’école, les associations)

    Ainsi, le Pape Jean Paul II souligne avec force que la famille est essentielle dans la construction de la société humaine. En effet, Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Dieu unique est communion de personnes (Père, Fils et Esprit Saint). En étant créé à l’image de Dieu, nous avons été créés pour l’amour et la communion. La famille, voulue par Dieu, est le lieu par excellence où la personne humaine réalise cette vocation à l’amour et à la communion.


    Si la famille est si importante pour la société, en retour la société doit protéger et promouvoir la famille.

    Comment?

    Le Pape souligne entre autres les droits suivants :

    • le droit pour chaque personne de fonder une famille et de l’entretenir pas des moyens appropriés (droit au travail).
    • le droit à un logement adapté à une vie familiale décente.
    • le droit d’éduquer ses enfants conformément à ses traditions culturelles et religieuses.
    • Le droit de protéger le mineur contre les drogues, la pornographie, l’alcoolisme.

    Si la famille est donc une colonne essentielle de toute société humaine, il est important que les ‘carias’ ne viennent pas ronger cette colonne, c’est pourquoi la société doit tout faire pour la protéger.

    La famille chrétienne a les même responsabilités et droits que l’ensemble des familles. Toutefois, Jésus Ressuscité donne à la famille chrétienne une nouvelle dimension, en lui confiant une mission spécifique. En effet, le Pape nous parle de la famille comme « église domestique », c’est-à-dire que la famille elle-même est une petite communauté chrétienne.

    A la base de la famille chrétienne il y a la communion conjugale. Par la grâce du sacrement du mariage, les époux sont appelés à être signe de l’amour du Christ pour l’Église et pour l’humanité. Ils exercent ce ministère d’abord au sein de leur propre famille. Sous leur impulsion, « la vie familiale dans son ensemble devient chemin de foi et, en quelque sorte, initiation chrétienne et école de vie à la suite du Christ. Dans la famille consciente d’un tel don, comme l’écrit le Pape Paul VI, « tous les membres évangélisent et sont évangélisés. » Si la famille idéale et souhaitable est bien cette cellule où il y a le papa, la maman et les enfants, il ne s’agit pas non plus d’exclure d’autres formes de vie de familiale, je pense ici aux familles monoparentales qui sont elles aussi appelées, au nom de leur baptême, à être des « églises domestiques».

    Par la famille l’enfant est introduit progressivement dans la grande famille chrétienne, peuple de Dieu. Les parents, qui sont les premiers éducateurs de la foi, sont donc invités à encourager leurs enfants à participer à des mouvements d’Eglise. Inversement les enfants sont les témoins privilégiés de la Bonne Nouvelle pour les parents et les provoquent à s’ouvrir à la société et à l’Eglise. Par ailleurs, « l’Eglise domestique », nourrie par la Parole et les sacrements et où se vit les valeurs évangéliques devient ainsi mère (maman), éducatrice de la foi et au service de la construction du Royaume de Dieu. C’est la raison pour laquelle la famille ne peut s’enfermer sur elle-même.

    Si la famille est tellement importante pour l’avenir de l’évangélisation, l’Eglise a le devoir d’apporter aux familles l’assistance nécessaire afin qu’elles puissent exercer comme il convient leur tâche éducative. L’Eglise doit créer et promouvoir les institutions et les activités que les familles attendent à juste titre. Prenons comme exemple une éducation adéquate par rapport au mass- média. Le synode est donc invité à proposer des moyens concrets et réalistes pour que les mouvements et institutions d’Eglise viennent soutenir les familles dans leurs responsabilités familiales.

    L’exhortation du pape souligne bien d’autres aspects qu’il faudrait approfondir. Nous pensons, entre autres, au rôle important des personnes âgées dans la famille, à l’urgence de découvrir le vrai sens de la sexualité, à l’importance de favoriser une spiritualité conjugale dans la mesure où les couples sont appelés à vivre leur vocation à la sainteté au cœur de leurs responsabilités conjugales et de parents. Cette spiritualité du couple est à situer dans le développement d’une spiritualité propre des laïcs.

  • Les Propositions

    15. La famille est fragilisée de bien des manières (infidélité, loan, alcool etc.)… Elle a besoin d’être écoutée, comprise, soutenue, éclairée. Elle a besoin parfois d’un temps pour s’arrêter, revoir ses relations internes. Certaines familles vivant ces situations désirent être aidées, conseillées, pour mieux se consolider et lutter contre tout ce qui peut nuire à la vie familiale.

    l’Assemblée synodale propose:-

    • 15.1. Qu’il y ait une instance d’écoute dans chaque paroisse pour aider toute personne se trouvant dans une situation difficile et souhaitant une aide .
    • 15.2. Qu’au niveau de l’île Rodrigues, en lien avec la Commission Famille, il y ait une équipe de personnes compétentes qui soit responsable de la mise sur pied et de la formation des équipes d’écoute dans les différentes paroisses.


    16. Bon nombre de couples expriment leur satisfaction quant au support que leur apportent les cours de préparation au mariage. Ils se sentent mieux préparés à vivre une vie commune après le mariage mais, disent-ils, le cheminement que l’Eglise leur propose dans leur préparation au mariage ne suffit plus. Il leur faut un suivi après le mariage, il leur faut d’autres formations qui pourront les aider à consolider davantage la relation dans le couple et leur vie de famille.

    L’Assemblée synodale propose :

    • 16.1. Que dans chaque paroisse il y ait une équipe assurant l’accompagnement des couples après le mariage.
    • 16.2. Que les paroisses organisent chaque année une retraite de couples en tenant compte des différentes tranches d’âge.
    • 16.3. Que l’Eglise aide à promouvoir et à encourager des formations de couple comme le « Marriage Encounter ».
    • 16.4 Que l’Eglise aide à encourager, promouvoir et consolider des mouvements de couples comme la L.O.A.C.


    17. La famille étant à la base de toute société, cette dernière a le devoir de la protéger et donc de veiller à son développement intégral y compris dans sa dimension économique. Comme mentionné, de nombreuses familles rodriguaises souffrent du problème du chômage, du surendettement et de sous-développement économique. A la suite du Christ qui s’intéresse à la vie humaine dans toutes ses dimensions, l’Eglise dans son ensemble est invitée à se mobiliser et à vivre sa vocation prophétique en s’engageant dans la lutte pour le développement économique.

    l’Assemblée synodale propose :

    • 17.1 Que l’Eglise à travers Caritas poursuivre son effort pour venir en aide à des familles (les enfants) vivant les détresses extrêmes soit par une aide d’urgence, soit en les aidant à plus long terme, comme par exemple, par une aide au logement dans la cadre de la campagne «un toit pour tous».Tout en favorisant comme cela se fait actuellement la participation des bénéficiaires, Caritas devrait également sensibiliser les autorités gouvernementales et l’opinion publique, par des publications. Dans chaque paroisse il devrait avoir une équipe de Caritas bien structurée, dotée d’un budget suffisant et qui assurerait une permanence dans un lieu convenable pour l’accueil des plus pauvres.
    • 17.2 Que l’Eglise, à travers les mouvements, services et institutions, aide les pauvres à s’organiser pour aller chercher l’argent là où il se trouve, à avoir accès à l’information et ainsi profiter des formations offertes par la SMIDO et d’autres organismes. Pour cela, une petite équipe nommée, en lien avec le centre carrefour, pourrait promouvoir, favoriser cette orientation.
    • 17.3 Que le projet initié par le centre carrefour pour accompagner les personnes qui veulent se lancer dans des petits projets économiques, et d’autres initiatives dans ce sens, soit encouragé. Que les expériences réussies soient valorisées et communiquées.
    • 17.4 Que se poursuive le développement des centres de formation professionnelle tels que le Centre Agricole de Camp du Roi, les Écoles ménagères… Il ne s’agit pas de se substituer aux responsabilités gouvernementales mais d’être des signes prophétiques dans la société rodriguaise.
    • 17.5 Qu’un service à l’exemple de l’APEA soit implanté à Rodrigues pour aider les familles à se défendre contre les ‘ casseurs’.


    18. La famille étant « l’Eglise domestique », une cellule d’Eglise, le ‘berceau’ de l’initiation à une foi personnelle en Jésus Vivant.

    l’Assemblée synodale propose :

    • 18.1 Que profitant des temps forts dans la vie d’une famille comme la naissance d’un enfant, la première communion, la confirmation, un parcours de formation soit proposé aux parents comprenant, par exemple, la compréhension du Credo ou encore une réflexion concernant les valeurs évangéliques importantes à vivre au sein de la famille, soit proposé aux parents. Il y a déjà des expériences en ce sens. Il faudrait les évaluer pour valoriser et partager ce qui se fait de positif mais également pour créer du neuf. Cette évaluation pourrait être réalisée par la commission de catéchèse en lien avec celle de l’inculturation.
    • 18.2 Qu’une fois par an il y ait une semaine de la famille (en tenant compte de la diversité des familles) où l’accent pourrait être mis, à travers des rencontres, des fêtes, des célébrations, sur la relation parent/s-enfant/s, frères et sœurs, les valeurs vécues dans la famille etc. Que chaque année la Commission Famille, en lien avec les mouvements et les CPV , propose un thème et des pistes d’activités.
    • 18.3 Que la commission catéchèse propose aux familles des livrets produits localement pour les aider à inventer de nouvelles manières de prier et pour apprendre certaines prières de base.


    19. Il y a à Rodrigues de nombreux mouvements qui contribuent à la promotion de la famille : les mères chrétiennes, la Légion de marie, la LOAC, la JOC, l’ACE, ainsi que des services et institutions tels que le CPM, l’action familiale, les écoles, la catéchèse, les écoles ménagères, les paroisses. Il est important que ces mouvements et services puissent se rencontrer pour faire des remontées les situations qui ont une incidence sur la famille et confronter leurs analyses.

    l’Assemblée synodale propose :

    • L’élargissement de la commission famille comprenant un représentant de chacun de ces différents mouvements, services et paroisses, afin de recueillir les préoccupations et les espoirs des familles et aussi de faire des propositions qui favorisent des orientations communes pour une pastorale de la famille à Rodrigues. La commission comprendrait également des membres nommés par le vicaire épiscopal . Qu’elle soit nommée pour une durée de trois ans.
    • Que cette commission de la famille ainsi élargie ait pour mission d’être à l’écoute de tout ce qui touche la famille au sein de la société, afin d’alerter les autorités ecclésiales, gouvernementales, et l’opinion publique en général contre tout ce qui peut nuire à la famille, valoriser ce qui se fait de positif et faire des propositions pour la promotion des familles à Rodrigues.
    • Que la commission fasse un relevé des organismes et associations travaillant pour la famille afin de voir leurs objectifs, le contenu de leur formation, valoriser ce qui se fait de positif et signaler ce qui est nuisible à la famille rodriguaise.
    • Que les chrétiens présents dans les « counselling centers », les « youth clubs » aient l’occasion, à l’initiative de la commission famille, de se regrouper et de faire le lien entre leur engagement et leur foi en Jésus Christ.


    20. La sexualité est un don de Dieu. Elle est une dimension importante de toute personne humaine et elle est donc appelée à trouver sa vraie finalité et son humanisation dans une éducation qui soit en lien avec les valeurs évangéliques.

    l’Assemblée synodale propose :

    • 20.1 Que l’Action Familiale à Rodrigues ait davantage de personnel et de moyens pour assurer un meilleur service des familles tant au niveau de la planification familiale que pour l’éducation des couples, des hommes, des jeunes ainsi que des enfants. Que le travail déjà commencé touche un maximum de personnes. Qu’il y ait une décentralisation de l’AF et des lieux d’accueil, assurant la discrétion, dans chaque paroisse.

Chapitre quatrième: Présence active des chrétiens dans la vie rodriguaise

  • Introduction

    Durant la deuxième étape du Synode où tous les chrétiens étaient invités à dire les forces et les faiblesses de l’Eglise, une des questions posées pour motiver la réflexion avait trait à l’engagement. Cette question a permis de voir que l’engagement social est un acquis à Rodrigues. Il y a d’autres domaines où nous avons à emboîter le pas.

    Nous nous sommes rendu compte que ce sens de l’engagement a été développé dans le sillage du renouvellement qu’a apporté le Concile Vatican II à l’Eglise rodriguaise et, en général, les Associations sociales, les Mouvements d’Action Catholique qui partent de la vie des personnes, du pays, ont émergé dans ce courant de renouvellement.

    Nous pouvons affirmer que l’Action Catholique a une influence sur la manière de vivre du peuple. Cependant, il reste beaucoup à faire pour que l’ensemble de l’Eglise, tout le peuple de Dieu à Rodrigues, découvre et vive l’engagement comme un aspect essentiel de sa foi en Jésus Vivant.

  • La présence active des chrétiens dans la vie rodriguaise

    En tant que personnes vivant à Rodrigues, nous sommes présents dans la vie simple de tous les jours, dans notre famille, notre travail. Nous sommes confrontés aux mêmes besoins fondamentaux, la relation entre membres de la famille, la relation employés/ employeur et aux mêmes problèmes de chômage, d’eau, de la situation politique. Et c’est dans toutes ces situations-là que nous prenons quotidiennement des décisions, que nous faisons des choix.

    En tant que baptisés, c’est d’abord dans les réalités ordinaires de la vie quotidienne que nous tous, laïcs, prêtres, religieux/ses sommes appelés à vivre notre vocation baptismale, à lutter à travers nos décisions pour un monde plus juste. En même temps des personnes, pour améliorer leurs vies et être plus efficaces dans l’action, ont créé des Associations, des Mouvements.

    Par ailleurs, il y a des institutions sociales et autres où nous sommes appelés à jouer un rôle actif afin qu’elles répondent aux besoins des personnes. C’est-à-dire pour plus de justice.

    L’engagement est donc vécu individuellement ou collectivement dans le quotidien de notre vie et dans des Associations, Mouvements pour transformer les structures, la mentalité, les cœurs.

  • 22. Repères

    22.1 « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment reviendra-t-il du sel ?» (Matt 5,13 ) En tant que baptisés, nous sommes donc tous appelés à la suite du Christ à nous engager dans les réalités sociales, politiques, culturelles, économiques pour la libération humaine. Et cette démarche ne va pas sans conversion personnelle et collective.

    « La vocation de l’Eglise consiste à accorder l’humanité au Royaume. Signe et servante de l’action de son Seigneur, l’Eglise n’a pas d’autre objectif que la réalisation de la vocation ultime de l’homme ».

    « L’Eglise est comme un autobus : personne ne prend l’autobus seulement pour aller en autobus, mais pour aller d’un endroit à un autre. L’autobus est un véhicule, un moyen de transport. L’Eglise aussi est un véhicule, c’est le moyen qui nous conduit au Royaume de Dieu. La mission de l’Eglise n’est pas en elle-même, mais hors d’elle-même : annoncer la présence du Royaume de Dieu dans le monde des hommes. Personne ne parle pour soi mais pour être entendu par les autres. De même l’Eglise vit et prêche l’Evangile pour changer l’homme et le monde. »(L’Eglise au cœur, Bruno Chenu)

    22.2 Nous témoignons de la Bonne Nouvelle par la parole. Cependant cette parole doit être accompagnée de signes et d’actions concrètes. Jésus lui-même a témoigné du Royaume qui vient. Entre autres il a fait des miracles pour guérir des personnes, joignant parole et geste. Il a permis à beaucoup de personnes de retrouver leur dignité. Sa parole a été vécue. C’est pour cela que l’action transformatrice dans notre vie de chrétien est essentielle, elle est partie intégrante de l’annonce de l’évangile.

    « Il ne suffit pas d’aspirer à la justice, la liberté, la paix, la fraternité, etc ; il ne suffit pas de réclamer la libération de l’homme, des classes sociales et des peuples opprimés, etc. Il faut s’engager pour les réaliser »(Le Christ est Vivant, Michel Quoist)

    22.3 Le Christ s’intéresse à l’homme dans toutes ses dimensions. « C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, la société humaine qu’il faut renouveler. L’homme dans son unité et sa totalité : corps et esprit, cœur et conscience, pensée et volonté. » (G.S 3,1) Pour nous chrétiens, tous les secteurs de vie doivent nous intéresser. Il n’y a pas de domaines qui sont plus compatibles avec notre foi chrétienne que d’autres. «Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun… Quant aux partis politiques, ils ont le devoir de promouvoir ce qui, à leur jugement, est exigé par le bien commun.» ( GS 75,5).

    «Ce n’est pas l’homme le premier qui a réclamé la responsabilité dans tous les secteurs de sa vie, ce n’est pas lui qui a inventé la participation : c’est Dieu. Dès les premières pages de la Bible, celui-ci nous déclare, en effet, sa tranquille et prodigieuse foi en l’homme auquel il donne, non pas une humanité achevée , mais une humanité à créer»(Le Christ est vivant, Michel Quoist)

    22.4 S’engager, c’est aussi prendre des risques, se mouiller. Jésus n’a pas hésité à faire un miracle le jour du sabbat. Des personnes de l’époque n’avaient pas compris ce geste de Jésus. Il a été même jusqu’au bout de ses engagements en allant jusqu’à donner sa vie. Nous aussi, dans notre engagement, nous sommes parfois incompris, nous sommes critiqués. Loin de nous laisser abattre ou décourager, ces moments de souffrances vécus dans la foi peuvent être une chance de vivre l’expérience de la Mort et la Résurrection, c’est-à-dire le mystère pascal.

    Dans nos actions et la relecture de nos actions, nous devons nous laisser inspirer par des principes tels que le bien commun, la solidarité, les droits et les responsabilités, que nous retrouvons dans toutes les encycliques des papes. Et pour faire le lien permanent entre l’Evangile et la vie, chaque chrétien doit avoir possibilité de se retrouver avec d’autres chrétiens.

    Cet engagement au coeur des réalités sociales, politiques, économiques, politiques, culturelles doit être vécu personnellement là où le chrétien se retrouve. Mais cet engagement au service du Royaume doit aussi être vécu par les chrétiens communautairement, c’est-à-dire en Mouvement, en paroisse. A travers ses institutions et par des prises de position officielles, l’Eglise doit être signe et servante de ce Royaume.

  • 23. Propositions

    Présence active des chrétiens dans la vie rodriguaise.

    Les laïcs sont appelés tout spécialement à assurer la présence et l’action de l’Eglise dans les lieux et les circonstances où elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre. (LG, 33, par.2) Etant donné le rôle important qui est joué par les laïcs dans l’Eglise, dans la société.

    l’Assemblée synodale propose:-

    • qu’une journée par année soit consacrée pour marquer la présence active des chrétiens dans leur engagement.
    • que les prêtres s’intéressent davantage aux initiatives mises en place par les laïcs et les respectent évitant de favoriser seulement celles qu’ils ont proposées ou de changer l’orientation d’un groupe.
    • que les prêtres reconnaissent la capacité des laïcs qui se donnent les moyens de se former selon les orientations pastorales du diocèse et qu’ils les soutiennent et les accompagnent. Que les laïcs s’encouragent et reconnaissent ce qui se fait de positif par d’autres laïcs pour une présence active dans la société.
    • que la formation donnée par le Centre Carrefour, entre autres sur la Doctrine sociale de l’Eglise, soit proposée à l’ensemble des Mouvements, paroisses, Associations et institutions d’Eglise.


    23.2

    Étant donné, comme souligné dans les repères, que chaque chrétien doit avoir la possibilité de relire son action et faire le lien entre ses engagements au sein de la société et sa foi en Christ,

    L’Assemblée synodale propose :

    • que toute personne engagée au sein de la société puisse avoir la possibilité de faire la révision de vie pour découvrir les valeurs vécues au coeur de son engagement et les conversions à vivre, afin d’incarner les valeurs évangéliques dans ses responsabilités et ses engagements quotidiens.
    • qu’il y ait chaque année, au moins une fois, une rencontre (réflexion ou récollection) pour toutes les personnes ayant de hautes fonctions dans la société rodriguaise. Les objectifs seraient un partage d’expériences (joies et difficultés), réviser leur action, leurs influences en faveur du bien commun. Le Centre Carrefour pourrait prendre cette responsabilité.


    23.3

    Etant donné le rôle joué par l’Action Catholique, de part sa méthodologie, sa vision de l’homme, dans la formation des chrétiens et dans la construction de la société rodriguaise depuis les trente dernières années.

    l’Assemblée synodale propose :

    • que l’Eglise dans son ensemble encourage le développement des Mouvements d’Action Catholique.
    • que sa méthodologie ( Voir, Juger, Agir, Célébrer) soit vulgarisée et mise au service d’autres instances comme les CPV, les conseils paroissiaux et le conseil pastoral etc..
    • que la formation des prêtres prenne en considération la vocation propre des laïcs au sein de la société et de l’Eglise.
    • que les actions des laïcs relues dans la foi ne passent pas sous silence mais soient communiquées à travers tous les moyens disponibles : radio, télévision, journal, bulletins des Mouvements, les homélies et liturgies.


    23.4

    Étant donné, d’une part, la situation sociale, économique, politique de Rodrigues et, d’autre part, que l’Eglise existe pour le monde, que sa mission n’est pas en elle-même, mais pour le monde.

    l’Assemblée synodale propose :

    • qu’une formation sur la politique soit donnée aux chrétiens afin que les chrétiens soient encouragés à participer dans des structures de prise de décisions politiques et aussi que l’engagement dans un parti politique soit vécu en cohérence avec nos convictions chrétiennes.
    • que l’Eglise à travers les groupes, Mouvements, Associations, fasse du développement économique une urgence.
    • que le souci des plus pauvres traverse tous les Associations, Mouvements, institutions et que la structure Caritas soit renforcée et ses actions partagées.
    • comme l’Eglise exige beaucoup des politiques, que nous définissions un certain nombre de valeurs, de principes et une manière de fonctionner qui doivent traverser toutes les institutions

      Exemples:
      • participation
      • respect des autres
      • respect des droits
      • manière de gérer une paroisse/un Mouvement
      • manière de prendre des décisions, etc
      • afin d’être un signe, un modèle pour la société.


    23.5

    Etant donné la mission confiée depuis 1990 par l’évêque au Centre Carrefour au sein de la société et de l’Eglise à Rodrigues.

    l’Assemblée synodale propose :

    • qu’il y ait davantage de communications sur le Centre Carrefour – son rôle, les services offerts que le Centre Carrefour ait plus de moyens en terme de personnel, de transport , de bibliothèque, de possibilité de recherche, afin d’assurer le plus efficacement possible son service pour que l’Eglise de Rodrigues soit « sel de la terre et lumière » au sein de la société rodriguaise.

Chapitre cinquième: Elaboration d’une pastorale d’ensemble et mise en place des structures appropriées

Les grands axes d’une pastorale d’ensemble à Rodrigues:

  1. L’option pour les plus pauvres.

L’ensemble de la communauté chrétienne doit être habité par un souci permanent de la justice sociale et plus particulièrement vivre la solidarité avec les plus pauvres pour qu’ils soient partie prenante de leur propre développement et qu’ils vivent en hommes/femmes debout , dignes et responsables.

 Pour cela, L’Eglise dans ses priorités mettra en œuvre des moyens pour apporter sa contribution dans la lutte contre le chômage et pour le développement économique de l’île Rodrigues et ainsi être signe du Royaume de Dieu.

  1. Consolider la foi personnelle en Jésus Christ

 Favoriser une foi qui soit un choix, une décision personnelle par rapport à la personne de Jésus Vivant. Cette foi personnelle naît et s’épanouit au sein d’une vie en communion avec d’autres chrétiens.

 Pour cela, l’Eglise à travers son action pastorale favorisera des regroupements des chrétiens pour briser les barrières, rompre l’isolement, permettre plus de participation et motiver les chrétiens à agir dans les différents secteurs ou ils sont insérés .Il est important d’encourager les initiatives qui se prennent en ce sens , en valorisant les mouvements et autres groupes existants à Rodrigues et leurs actions.

 L’Eglise à travers ses mouvements, services et institutions promouvra une spiritualité qui fasse le lien entre notre vie et notre foi en Christ. Ceci passe par une formation chrétienne solide , continue , en lien avec les réalités que nous vivons.

  1. L’Inculturation.

Dieu qui s’est incarné en Jésus vient aujourd’hui encore nous rejoindre dans notre culture rodriguaise , d’où l’importance de faire le lien permanent entre note foi et notre culture.

Pour cela, favoriser l’expression, la participation et la formation de l’homme rodriguais en tenant compte de sa culture, de son histoire . Être attentif à la culture rodriguaise en valorisant à la lumière de l’évangile ce qui est bon et en purifiant le moins bon. En cette période de grande mutation il est particulièrement important pour l’Eglise d’accueillir la modernité tout en préservant les vraies valeurs héritées de notre culture.

 

  1. La famille

Toute personne humaine se développe au sein d’une famille. La famille est habituellement la première communauté chrétienne où naît, grandit et se développe notre foi en Jésus Christ.

Pour cela, l’Eglise favorisera l’épanouissement de la famille rodriguaise en combattant tout ce qui la menace : l’alcoolisme, la misère, la séparation , l’échec scolaire et les fausses conceptions du bonheur, et en favorisant la promotion de tout ce qui va dans le sens des valeurs évangéliques : le partage, la participation , le respect de la vie , la conscience morale.

 

  1. La femme au sein de l’Eglise et de la société Rodriguaise.

Reconnaître et valoriser la contribution originale de la femme au sein de la société et dans l’Eglise en prenant en compte leurs réalités, tout en favorisant la complémentarité entre l’homme et la femme. Cela implique aussi toute une attention et la promotion d’une pastorale des hommes.

 

  1. L’environnement

Un enjeu important de notre avenir à Rodrigues est le respect, la préservation et l’amélioration de notre environnement.

Pour cela, promouvoir une éducation qui nous permette de reconnaître notre environnement comme un don de Dieu et qui nous rappelle notre vocation à collaborer à cette création de Dieu pour la transmettre aux générations futures.

 

  1. Pastorale d’ensemble

Tout en tenant compte des différences, il est important que chaque groupe, mouvement, institution, paroisse, avec son originalité, intègre et vive les priorités que se donne l’Eglise.

Pour cela, l’Eglise favorisera l’ouverture, la communication entre différents groupes et entre chrétiens.

 

  1. Une Église davantage missionnaire.

L’Eglise n’existe pas pour elle même mais pour le monde.

Pour qu’elle soit témoin de Jésus Vivant, il est important qu’elle soit accueillante aux valeurs évangéliques vécues par les autres , qu’elle soit capable de se remettre en question, et que sans timidité elle témoigne du Royaume par ses actions et par ses prises de parole.

 

  1. Travailler à l’unité de L’Église.

Aujourd’hui cette unité est menacée par les divisions et l’accroissement des sectes .

Pour construire cette unité voulue par le Christ, il est primordial que nos communautés soient accueillantes, s’enracinent davantage dans la foi, développent un agir en cohérence avec les valeurs de l’évangile.